SAB 2026
Par Jean-Baptiste HONTONNOU

« Vous n'êtes pas des spectateurs, vous êtes les bâtisseurs. » Le SAB 2026 mise sur les jeunes et les femmes pour transformer la filière avicole béninoise. Cotonou, 25-27 juin.
« Pour les femmes entrepreneures, le salon est un espace de visibilité et de valorisation », Bayédjinou Idossou
À quelques jours de l'ouverture du Salon Avicole Expo Bénin (SAB 2026), Bayédjinou Idossou, ingénieur des travaux en production animale et Président de la sous-commission communication du salon, revient sur les principaux défis auxquels fait face la filière avicole béninoise. Il souligne l'importance d'une collaboration renforcée entre les différents acteurs du secteur et invite particulièrement les jeunes et les femmes à saisir les opportunités qu'offre ce rendez-vous professionnel, présenté comme un véritable tremplin pour l'innovation, les partenariats et l'entrepreneuriat.

- Selon vous, quels sont aujourd’hui les défis prioritaires que la filière avicole doit relever pour répondre à la demande croissante en protéines animales ?
La demande en protéines animales croît avec la population et l'amélioration du niveau de vie. La filière avicole doit relever quatre débits prioritaires pour y répondre. Le premier défi, c'est l'autonomie en intrants. Nous dépendons encore trop de l'extérieur pour nos poussins d'un jour, nos aliments composés et certains médicaments vétérinaires. Développer une industrie nationale de production de poussins et sécuriser l'approvisionnement en maïs jaune et en soja est une priorité absolue.
Le deuxième défi, c'est le financement. Les éleveurs ont du mal à céder aux crédits et à des conditions adaptées à leur cycle de production. Des produits financiers spécifiques à l'aviculture avec des durées de remboursement alignées sur des cycles d'élevage sont indispensables.
Le troisième défi, c'est la maîtrise sanitaire. Les maladies aviaires restent une menace permanente. Renforcer la biosécurité dans les élevages, améliorer la couverture vaccinale et déployer davantage de professionnels de santé animale sur tout le territoire sont des chantiers urgents.
Et enfin, le quatrième défi, le signal politique. La filière a besoin que l'État envoie un signal clair sur l'interdiction des importations de produits carnés congelés. Ce signal déclenchera les investissements privés pour que la filière que la filière attend.
- Que peut apporter la collaboration entre éleveurs, vétérinaires, chercheurs, fournisseurs d’intrants et pouvoirs publics dans le développement du secteur ?
Cette question touche au cœur de ce que le SAB 2026 veut construire. Aucun acteur ne peut développer la filière seul. La force, c'est la collaboration. Chaque acteur apporte quelque chose d'indispensable. Les éleveurs apportent la réalité du terrain. Ils savent ce qui marche et ce qui ne marche pas dans les conditions concrètes de production béninoise. Les vétérinaires et paraprofessionnels vétérinaires apportent l'expertise sanitaire et le conseil technique qui permet de produire sainement et efficacement.
Les chercheurs apportent l'innovation et l'adaptation des solutions scientifiques aux spécificités locales. Nouvelles races, nouvelles formulations alimentaires, nouvelles méthodes de biosécurité. Les fournisseurs d'intrants apportent les outils, poussins, aliments, vaccins, équipements sans lesquels aucun élevage n'est possible. Les pouvoirs publics apportent le cadre, les politiques, les incitations, la protection du marché local, les infrastructures.
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Quand ces cinq acteurs travaillent en silo, chacun dans son coin, la filière stagne. Quand ils collaborent, quand le chercheur partage ses résultats avec l'éleveur, quand le vétérinaire allaite les pouvoirs publics sur une maladie émergente, quand le fournisseur adapte ses produits au retour des éleveurs, la filière accélère. C'est exactement ce que le SAB 2026 veut mettre en mouvement en réunissant tous les acteurs sous un même toit pendant trois jours.
- Quels bénéfices les jeunes et les femmes entrepreneurs peuvent-ils tirer de leur participation au Salon Avicole Expo Bénin ?
Les jeunes et les femmes sont pour moi les acteurs les plus stratégiques de l'avenir de notre filière. Et le SAB 2026 a été pensé pour eux. Pour les jeunes entrepreneurs, le salon offre une vision complète de la filière et de ses opportunités concrètes. Pas seulement l'élevage mais aussi la nutrition animale, la santé animale, la transformation, le numérique appliqué à l'agriculture.
Des rencontres avec des modèles inspirants, des éleveurs et entrepreneurs qui ont réussi et qui partagent leur parcours. L'accès à des informations sur les mécanismes de financement disponibles pour démarrer ou développer une activité agricole. Le capital relationnel qu'un jeune peut construire en trois jours au SAB est inestimable. Pour les femmes entrepreneures, le salon est un espace de visibilité et de valorisation. Les femmes jouent un rôle central dans l'agriculture béninoise, mais elles sont souvent invisibles dans les espaces professionnels.
Le SAB leur offre une tribune et des opportunités de développement, formation, mise en réseau, accès aux fournisseurs et aux partenaires financiers. Mon message aux jeunes et aux femmes est simple : Venez. Vous n'êtes pas des spectateurs de la filière, vous en êtes les bâtisseurs. Le SAB 2026 est votre salon autant que celui des grands acteurs établis.
- Quel message souhaitez-vous adresser aux professionnels, aux investisseurs et au grand public à quelques jours de l’ouverture du SAB 2026 ?
J'ai trois messages distincts aux professionnels de la filière. Éleveurs, vétérinaires, fournisseurs, transformateurs, je dis : venez en nombre. Le SAB 2026 n'est pas un salon parmi d'autres, c'est notre premier grand rendez-vous collectif. C'est le moment de montrer que la filière agricole béninoise est organisée, professionnelle, ambitieuse. Chaque exposant, chaque participant renforce la crédibilité de notre secteur aux yeux des décideurs et des investisseurs.
Aux investisseurs nationaux et étrangers, je dis : regardez de près ce qui se passe à Cotonou les 25, 26 et 27 juin. La filière agricole béninoise offre des opportunités réelles et sous-exploitées dans un marché en croissance. Les acteurs sont compétents, la demande est là et l'environnement institutionnel s'améliore. C'est le bon moment pour investir.
Au grand public, je dis : venez découvrir la filière qui met du poulet, des œufs dans votre assiette. L'entrée est libre et gratuite. Venez avec vos enfants pour comprendre d'où vient votre alimentation et c'est le premier pas vers la souveraineté alimentaire.
Réalisé par Jean-Baptiste HONTONNOU


